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 Donner du fromage à une souris ne l'attire pas toujours. ~ [ Jung :3 ]

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MessageSujet: Donner du fromage à une souris ne l'attire pas toujours. ~ [ Jung :3 ]   Jeu 20 Mai 2010 - 13:36
Il devait s'être bloqué.

La rentrée... Elle était synonyme de tant de choses. Oui, et dans un sens j'étais plus que content de retourner à Kobe. Cette école m'avait manqué, et même certains de ces occupants. Soit, j'avais apprécié revoir Maman, reprendre mes petites habitudes et me sentir en sécurité... Mais c'était différent. Le pensionnat avec quelque chose d'attirant, j'aimais m'y balader, j'aimais observer les autres et rencontrer certaines personnes. Comment changer à ce point en si peu de temps ? Je me souvenais encore de mon premier jour ici, de la crainte que j'avais au à devoir quitter Maman aussi longtemps, de la rancœur que j'avais eu quand Papa avait amené une fille pour me guider. Cette journée avait débouché sur une agréable rencontre...Et elle n'avait pas été la seule. Non, et aussi surprenant que cela pouvait l'être, j'avais réussi à me lier. Il y avait eu Kanon et sa manière étrange de parler et de penser, la folle du réfectoire, Minori qui allait me servir et Sun et Moon... Ces derniers étaient particuliers.. Soit, j'avais fait en sorte de m'en éloigner, bien que Crumble devait m'en vouloir de plus pouvoir jouer avec son petit compagnon. Le Beagle avait bien grandit, et même s'il restait un chiot, il était devenu bien moins peureux, et beaucoup plus attachant. Collant même ? Ça pouvait très facilement être le mot. Dès que nous avions un moment ensemble, mon chiot s'empressait de se frotter à moi et de rester là, à quémander des câlins. Je ne pouvais m'assoir ou m'allonger en sa présence sans qu'un animal vienne à me grimper dessus, à me lécher vivement le visage et les mains, pour finir par s'endormir sur mes genoux. Maman lui avait fait peur, et c'était bien amusant de le voir lui aboyer dessus. Étrange, je n'avais jamais compris pourquoi il la trouvait si effrayante. Crumble était si bête, Maman était une personne si incroyable.

Je rangeai à nouveau mes affaires. Même chambre et donc même colocataires. Ils se résumeraient donc à Minori, cela me convenait parfaitement. J'étais soulagé. La nouveauté n'était pas ce que j'affectionnais le plus. Sous mon oreiller, se trouvait ma mission. Je ne l'avais pas oubliée, non bien sur que non, et Maman m'avait félicité de l'avoir commencé en si peu de temps. J'étais content. Content de la satisfaire, content de revenir ici, content tout simplement. Mais j'avais à faire, et le rangement de mes affaires allait attendre. Me coiffant rapidement d'un béret, je caressai la tête de Crumble pour lui indiquer mon départ. Celui-ci couina un peu, avant de se lever et de mordiller mon pantalon. Quelle bête adorable.. Il était tôt, je pouvais lui accorder un peu de temps. Je me baissai donc pour le porter, puisque c'était ce qu'il préférait. Soupirant de bonheur dans mes bras, le beagle posa sa tête sur mon épaule.

"C'est que tu deviens lourd Chump.."

Chump ? C'était un petit surnom qu'il avait pris l'habitude d'entendre. J'aimais lui parler anglais, et d'ailleurs, son éducation se faisait dans cette langue. Crumble s'en accommodait bien, et il réagissait d'ailleurs bien mieux à mon accent anglais qu'à ma voix japonaise. Soit, ce n'était pas son poids grandissant qui allait faire que je n'allais pas lui accorder ce petit plaisir. Chiot en bras, sac sur le dos et béret sur la tête, je prenais le chemin du parc. Le moi d'avril était assez agréable. Il n'y faisait ni trop chaud, ni froid. C'était une sorte d'entre deux, et j'appréciais fortement pouvoir me promener en chemise sans devoir me couvrir tel un esquimaux. Crumble aimait aussi cela, ses petites pattes n'aimaient ni le froid, ni la pluie. Un rapide coup d'œil vers une fenêtre me fit remarquer qu'il devait faire bien doux dehors, une chance.

Ça n'allait pas être si simple que cela... Crumble était toujours aux aguets, et même si son champ de vision était bien réduit, son flair fonctionnait parfaitement. Le chiot cherchait toujours quelque chose pour s'amuser, pour chasser. Et là... Une petite souris déclencha son instinct de bête. Sautant vivement de mes bras, le chiot s'étala à terre, prenant quelques instants pour se relever correctement sur le sol glissant. Qu'il était maladroit encore ! Véritablement pataud et pourtant complètement adorable. C'est en jappant vivement et bruyamment qu'il entra dans la pièce où sa victime s'était réfugiée, amusé je le suivi. La salle d'informatique ? Elle pouvait être bien dangereuse pour un chiot en chasse. Les ordinateurs étaient lourds, et les fils trainaient un peu partout, il n'allait pas tarder à tomber, à se faire mal et à geindre. Soit, il devait apprendre par lui même qu'il fallait devoir se contrôler, je décidai donc de le laisser faire. M'appuyant contre un mur et croisant les bras, je le voyais à l'affut, cherchant à pister sa proie. Ses oreilles bougeaient au moindre bruit, et il levait toujours sa patte droite une fois à l'arrêt. Qu'il était drôle... Le rongeur ne devait plus être là de toute manière, bien trop habitué à fuir. Mais Crumble y croyait, et il y croyait tellement qu'il n'hésita pas à fouiller les moindres coins et re-coins de la pièce. Je le vis ramper sous un des bureau, puis couiner vivement.. Il devait s'être bloqué.. Je lâchai un soupir avant de me diriger vers le bruit. M'allongeant à mon tour pour pouvoir l'apercevoir, je tendis ma main sous le meuble pour lui caresser la tête et le rassurer.

"Crumble... Comment je vais faire pour te sortir de là ?.."

Le chiot était bien et bien coincé.. Comment faire pour le sortir de là ? S'il était entré, il devait bien pouvoir sortir ? Sa peur ne m'aidait pas beaucoup. Je devais rester calme et lui faire comprendre qu'il était capable de faire demi-tour. Je poussai donc un peu le meuble pour tenter de l'attraper et l'aider à s'extirper. Un peu trop peut-être.. et les coups que je donnai au meuble étaient surement de plus en plus fort.. Bien trop fort en somme. Bien trop occupé par le sauvetage de mon chiot, je n'avais même pas remarqué le verre rempli de jus de fruit... Et comme il fallait que cela soit drôle, le récipient était juste au bord, et pile au dessus de là ou j'étais. La suite était bien évidente à trouver... Un fracas, du verre brisé et... Un élève complètement trempé..

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MessageSujet: Re: Donner du fromage à une souris ne l'attire pas toujours. ~ [ Jung :3 ]   Lun 14 Juin 2010 - 20:05
L’ennui peut-il s’avérer mortel ?
Si une expérience devait être menée pour répondre à cette question, nul doute que Jung était en train d’en faire les frais.

La rentrée aurait dû être synonyme d’activité, pourtant. Le retour des élèves, donc du boulot et du boucan, était certes une aubaine pour ceux qui avaient eu le temps de se morfondre sur eux-mêmes pendant les vacances. Le coréen, lui avait activement lambiné. En somme, son immense temps libre de quelques mois avait été majoritairement passé dans son appartement de fonction, voire sur la terrasse lorsque la chaleur se faisait trop insistante. Il s’était joyeusement adonné à ses activités favorites ; à savoir dormir, manger, s’e-balader. Ce dernier néologisme lui permettait d’englober toutes ses activités face à l’écran, et expliquait en grande partie la face blafarde qu’il arborait malgré la saison chaude.
Il n’avait donc certainement pas eu le temps de s’ennuyer. En revanche, maintenant qu’il fallait retrouver des horaires humainement acceptables, préparer des cours, rafistoler l’intranet du lycée, le temps s’écoulait bien trop lentement à son goût. Les secondes semblaient des minutes, et la métaphore pouvait être poussée jusqu’aux limites de ce qu’elle impliquait : une monstrueuse lassitude.
Les élèves n’avaient jamais paru aussi stupides, les journées avaient rarement été aussi vides ; et dans l’immédiat, un après-midi avait peu de chances d’être aussi lamentable que celui-ci.
Toutes lumières éteintes dans la salle d’informatique, seul un carré lumineux épargné par les rideaux fermés éclairait la pièce. Littéralement enseveli sous les machines dans un coin, Jung n’avait rien trouvé de mieux à faire que passer en révisions le matériel mis à sa disposition par le lycée. Certes, celui-ci avait peu de chances d’avoir encore plus pris la poussière durant les vacances, mais sait-on jamais.
La plupart des ordinateurs de la pièce étaient donc rassemblés dans une montagne de pièces détachées parmi lesquels il se retrouvait, miraculeusement. Tout à son occupation médiocre mais utile -contrairement aux autres passe-temps qu’il avait pu trouver jusque là- il avait complètement oublié son cocktail survitaminé aux vingt-sept fruits -dernière boisson énergisante disponible dans le distributeur, chose qui l’avait passablement déçu. Le gobelet vacillait dangereusement au bord de la table sur laquelle il s’était installé tandis que l’informaticien tentait de déceler le moindre intérêt dans les machines qu’il examinait.
Quoique, depuis quelques secondes, la table tanguait plus que nécessaire, et le verre de jus ne se contentait plus de vaciller : l’inévitable finit par se produire.
Le brusque choc répercuté dans les bureaux et le fracas occasionné extirpa le coréen du monde dans lequel il s’était plongé avec plus ou moins d’enthousiasme. Réveil pour le moins indélicat qui lui fit retirer son casque et se lever avec précipitation. Une catastrophe naturelle -un tremblement de terre ? Une attaque soudaine -extraterrestre ? Les armées de quelques pays peu pacifistes avaient-elles fini par découvrir ses petites balades sur quelques sites hautement sécurisés et accessoirement secret-défense ? En deux larges pas, Jung avait quitté son amas technologique pour se diriger vers la porte. Alors qu’il s’apprêtait à faire face à une éventuelle entrée fracassante de forces de l’ordre ou autre armada aux intentions peu amicales, son pied buta sur quelque chose, et il se rattrapa de justesse au bord de la table. Dans la pénombre ambiante, à peine percée des lumières qui fusaient des écrans et de la lucarne, il distingua avec difficulté une masse au sol. Une rapide étude de la chose démontra qu’elle était, d’une, en mouvement ; de deux, qu’elle avait émis un léger gémissement : en somme, une matière vivante.
Après un court moment d‘hésitation, Jung acheva de parcourir les quelques mètres qui le séparaient encore de la porte et laissa glisser son index sur l‘interrupteur. Les lampes n’étaient pas aussi efficaces que prévu, mais lui permirent au moins de trouver un élève à terre, agenouillé entre le mur et les bureaux. Celui-ci gigotait come pour s‘ébrouer, trempé qu’il était : le verre de jus que le professeur avait laissé traîner au coin de son plan de travail gisait sur le sol, formant une flaque -minime comparée à la dose de liquide qui avait aspergé le garçon.
Jung ne prit même pas la peine de s’interroger sur la raison de la présence de l’élève. Celui-ci était vraisemblablement venu espionner ses activités, voire préparer une attaque sournoise. Quoi qu’il en soit, l’envoyé du complot qui le visait faisait un bien piètre agent. Il n’y avait visiblement pas grand-chose à craindre. Avec un lourd soupir, il se pencha pour extirper par le col le type du coin où il s’était fourré. Malgré une force musculaire quasi-négligeable, l’inconnu fut relevé sans grande peine, sa résistance amoindrie par l’intérêt qu’il portait à ses vêtements imbibés de jus. L’odeur fruitée se fit désagréable comme Jung s‘agenouillait pour examiner la flaque formée au sol. Par chance, la salle d’informatique était tapissée de linoléum, les dégâts seraient donc moindres. Alors qu’il s’apprêtait à se relever, un faible jappement attira son attention ; un regard sous les bureaux et il put remarquer le chiot recroquevillé contre le mur, empêtré dans les fils électriques et les pieds du meuble.
Dans un mouvement qui se voulait leste, le coréen se redressa et planta ses yeux sur l’élève aspergé. Que lui cherche à ruiner sa journée, passe encore, mais qu’est-ce que le clébard foutait là ? Sans compter que Jung n’aimait pas les chiens. Il n’aimait pas grand-chose de vivant ou d‘animé, certes, mais cette attirance que pouvaient avoir les humains pour diverses boules de poil lui avait toujours paru extrêmement stupide. Oui, à vrai dire, il n’appréciait pas les bestioles de façon générale -pour quelqu’un qui supporte à grande peine le côtoiement de sa propre espèce, c‘était à prévoir.
Retirant ses lunettes, l’informaticien laissa ses paupières se clore tandis qu’il massait l’arrête de son nez entre le pouce et l’index.

« Bon. Qu’est-ce que tu fous là ? » asséna une voix lasse.

Donner du fromage à une souris ne l'attire pas toujours. ~ [ Jung :3 ]

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